Après deux années d’enquêtes, le LaborIA (*) publie en 2025 des résultats inédits sur les interactions humain-machine et les enjeux d’appropriation de l’IA dans le monde du travail
L’IA bouleverse l’organisation du travail et le management
L’arrivée de l’IA reconfigure les rôles professionnels, les compétences requises et le management. Les observations menées font apparaître des questionnements autour du rôle de manager intermédiaire ou encore du risque de polarisation du travail.
(Le manager est moins sollicité pour son expertise et doit se recentrer sur son leadership qui devient coopératif et contextualisé favcorisant l’autonomie, l’expérimentation, la transversalité — tout en restant garant de la cohérence stratégique et humaine.)
De manière réciproque, l’organisation du travail influence l’adoption et l’utilisation de l’IA. Des structures hiérarchiques et centralisées intègrent l’IA différemment des environnements de travail plus autonomes.
Un conflit de rationalité entre logique gestionnaire et logique du travail réel
Le déploiement des systèmes d’IA soulève des tensions entre la logique gestionnaire des décideurs et la logique du travail réel des salariés. Les décideurs visent à optimiser les process et la productivité, et les salariés s’interrogent sur la reconnaissance, l’autonomie et le sens de leur travail face à ces changements. Ce « conflit de rationalité » doit mener à un compromis concluant entre les parties prenantes.
Quelles recommandations concrètes pour favoriser l’intégration ?
Les conclusions du LaborIA Explorer ouvrent sur des recommandations pour outiller le dialogue social et technologique en faveur de l’intégration dite « capacitante » des systèmes d’IA dans le monde du travail :
1. partir du travail réel pour penser le rôle et la place des IA ;
2. garantir la éco-conception des systèmes intégrant de l’IA et organiser le dialogue en continu ;
3. mettre l’IA au service de la sécurisation des travailleuses et travailleurs ;
4. rendre les systèmes d’IA « explicables », pour permettre aux décideurs et aux utilisateurs de comprendre leur fonctionnement et de faire confiance aux résultats créés ;
5. apprendre chemin faisant. Accepter une part d’imprévisibilité dans les bouleversements produits par l’IA.
Ces recommandations ont été présentées à l’ensemble des partenaires sociaux dans le cadre du Comité exécutif élargi du LaborIA
(*) Créé par le ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités et Inria en 2021, le LaborIA est un programme de recherche-action centré sur l’analyse des impacts de l’Intelligence Artificielle (IA) sur le travail, l’emploi et les compétences.
le LaborIA s’est donné pour ambition de devenir le centre de ressources spécialisé sur les questions de l’impact de l’IA au travail, notamment en concevant et rassemblant des ressources et méthodes pour outiller l’écosystème des politiques de l’emploi et du travail
